Le mythe du sang

La première traduction en français de Il Mito del Sangue a été publiée par les éditions de L’Homme Libre en 1999. Toutefois, « Le Mythe du Sang » comporte un certain nombre d’erreurs, de faux-sens et même de contresens. Nous nous sommes efforcé de les rectifier dans la nouvelle traduction que nous proposons ci-dessous du huitième et du neuvième chapitre de cet ouvrage (1).

Chapitre VIII : LA CONCEPTION RACISTE DE L’HISTOIRE

Le nouveau mythe du sang de Rosenberg. La race nordique dans la civilisation occidentale. La race nordique dans la civilisation gréco-romaine. Racisme antichrétien et néo-païen. Le mythe de la nouvelle « Eglise Nationale Allemande ».

Venons-en maintenant aux développements ultérieurs du racisme comme « vision du monde » et vision raciste de l’histoire, tels qu’ils se sont produits dans le national-socialisme. Sous ce rapport, ce sont essentiellement les idées défendues quasi officiellement par Alfred Rosenberg en Allemagne qui doivent être considérées : même si Rosenberg a déclaré que ses idées ne doivent pas être identifiées au « credo » du parti national-socialiste, son influence en Allemagne n’en est pas moins très forte, en particulier dans les organisations chargées de la formation politico-spirituelle des nouvelles générations. Rosenberg s’est inspiré principalement des théories de Chamberlain, dont il a cependant accentué le côté « nordique », en remplaçant la notion d’unité raciale celto-slavo-germanique de Chamberlain par celle de race nordique, en donnant à l’ensemble un caractère anticatholique encore plus prononcé et en établissant des points de contact entre l’interprétation générale de l’histoire et le nouveau mythe politique allemand. À l’influence de Chamberlain se joint celle de Wirth et, dans une certaine mesure, celle de Bachofen. Le suisse J. J. Bachofen, un contemporain de Nietzsche, est aujourd’hui particulièrement apprécié en Allemagne. Philologue, archéologue et mythologue, Bachofen fonde ses reconstitutions, souvent géniales, sur l’antithèse entre deux types de civilisation et de religiosité, l’une de type solaire, céleste et virile, liée à des systèmes patriarcaux, l’autre de type tellurique (adoration des forces de la terre), féminin (adoration des Mères de la Vie), liée à des systèmes matriarcaux qui tiennent plus ou moins de la promiscuité et du communisme. La relation de ces deux types de civilisation, l’une avec les races nordiques, l’autre avec les races du Sud, avait déjà été plus ou moins établie par différents chercheurs et historiens de l’école de Müller. Rosenberg reprend à Bachofen ces orientations et aussi la théorie des origines de Rome et du caractère anti-romain de la civilisation étrusque.

Dans son discours aux étudiants bavarois, Rosenberg n’a pas hésité à déclarer que la découverte de l‘âme raciste dans l’histoire de la civilisation constitue une révolution tout aussi importante que celle de Copernic. Cette déclaration fait écho à ces mots frappants de son livre principal, Le Mythe du XX e siècle : « Aujourd’hui s’éveille (…) une foi nouvelle : le mythe du sang, la conviction qu’avec le sang on défend l’essence divine de l’homme. La foi incarnée dans la conviction la plus claire que le sang nordique représente le mystère qui a remplacé et surmonté les anciens sacrements. » Toute race a son âme et toute âme a sa race. Il n’existe pas de valeurs incorporelles et universelles. L’esprit et le corps, pour Rosenberg, ne sont que deux aspects différents d’une réalité unique et indissociable, puisque la « race est l‘âme vue de l’intérieur et, inversement, la race est l’extériorisation de l‘âme ». « Aujourd’hui, toute une nouvelle génération commence à entrevoir que des valeurs n’ont été créées et ne se sont conservées que là où la loi du sang a déterminé la pensée et l’action de l’homme, soit consciemment, soit inconsciemment ». L’histoire de toute race est une histoire naturelle et, en même temps, une histoire mystique. Toute forme religieuse, morale ou artistique est influencée par des forces vivantes conditionnées par la race. Dans le métissage, toutes les qualités et les valeurs les plus pures finissent par se dissiper, les individualités des peuples disparaissent dans le chaos ethnique, dans un amalgame qui végète et ne crée pas ou devient matériellement et spirituellement tributaire de la volonté plus forte d’une nouvelle race pure. L’histoire, pour Rosenberg, n’obéit donc pas à un plan préétabli pour l’exécution duquel différentes tâches auraient été confiées aux peuples. L’histoire des Indiens, des Perses, des Grecs, etc., ne fut donc pas la préparation ou le prélude de notre époque et encore moins une préfiguration de la christianisation de toutes les races, de tous les peuples, mais une lutte dramatique entre les diverses races et entre les diverses âmes des races.

D’autre part, aux yeux de Rosenberg, ce sont des vicissitudes de cette lutte, plus ou moins rapportée aux vicissitudes de la race nordique dans les différentes civilisations qui nous ont précédés, que vient la lumière qui fait ressortir les traits du visage spirituel de cette race et qui détermine graduellement le contenu du mythe raciste qui devrait servir de base au vingtième siècle. De là, précisément, le développement de l’interprétation raciste de l’histoire, mais aussi une sorte de cercle vicieux. En effet, pour saisir le sens le plus profond de l’histoire des civilisations, on se réfère à l’idée de race et, par surcroît, pour définir le contenu de cette idée, on se réfère à l’histoire des civilisations. Le fait est que toutes sortes d’éléments se rencontrent dans des constructions de ce genre : des « résultats » de telle ou telle recherche scientifique associés à des intuitions, des éléments disparates qui essaient de se renforcer mutuellement, mais qui, en réalité, sont choisis et gouvernés par une idée centrale préexistante.

En ce qui concerne la préhistoire, Rosenberg adopte plus ou moins les idées de Wirth sur les migrations de la race nordico-atlantique en Amérique, en Europe et en Asie et sur la patrie arctique originelle de cette race. La même sensation obscure d’une vérité primordiale se manifeste donc aussi chez lui.

La civilisation hindoue fut créée par des souches nordiques qui s’étaient rendues en Inde vers 2000 ans avant J.-C. Les ârya subjuguèrent les peuples aborigènes et dressèrent en même temps une barrière de défense raciale entre eux et ces peuples aborigènes au moyen du système des castes. Nous connaissons déjà cette idée, qui est étayée par le fait que le mot sanskrit pour « caste » veut dire aussi « couleur » et que l’on qualifie souvent les castes inférieures de « brune de peau » et d’« ennemies », tandis que les castes supérieures sont « blanches » ou « divines ». Dans le premier témoignage dont on dispose sur les Hindous ou sur une de leurs branches d’Asie mineure vers 1400 avant J.-C., ils sont appelés hari, c’est-à-dire les « blonds » ou les « roux » et la tradition hindoue dit que le plus ancien dieu national, Indra, conquiert le pays avec « ses amis blancs » et, de lieu en lieu, refoule les « hommes de couleur » de leurs régions d’origine. Ceux-ci « n’ont pas de nez » – c’est-à-dire qu’ils ont le nez camus -, tandis que les ârya sont grands, blancs, blonds et ont un beau nez (Günther). La première période de l’histoire hindoue fut une période d’expansion et, en même temps, de lutte contre les cultes magiques et l’extatisme inférieur des indigènes. Mais ces formes inférieures se rebellèrent contre la spiritualité aryenne, s’y infiltrèrent et l’altérèrent. Si la sensation que ces conquérants, maîtres-nés, eurent originairement du « moi » fut celle d’une âme immortelle qui, dans sa plénitude, est cosmique, le panthéisme et sa dégradation, le sentiment de l’unité de toutes choses et, donc, de l’égalité de tous les êtres, marquent déjà – pour Rosenberg – la décadence de la race aryenne. Un autre signe de décadence aurait été l’accroissement du prestige de la caste sacerdotale par rapport à la caste guerrière. Ce qui, à cette période, se présente comme une mystique serait moins un produit de la spiritualité héroïque et aristocratique de la caste aryenne guerrière, issue des anciens Indo-Germains, qu’une sorte de sublimation de l’animisme et des conceptions magiques des aborigènes.

L’interprétation que fait Günther du bouddhisme est donc caractéristique d’une certaine mentalité raciste et d’une sensibilité spirituelle assurément peu développée. Le mot de yoga, qui, en sanskrit, se rapporte à des formes particulières de discipline spirituelle et « présente des affinités avec le mot latin jugum, se manifeste comme self-control chez les Anglo-saxons ; chez les Hellènes, il se présente comme enkrateia et sophrosyne et encore, dans le stoïcisme, comme apatheia. Chez les Romains, il est proche de la temperantia et de la disciplina, vertus typiquement romaines qui transparaissent encore dans la maxime du stoïcisme romain tardif : nihil admirari. Le même idéal apparaît dans la chevalerie médiévale comme mesura et dans la langue allemande comme diu mâsze ; les héros de la légende espagnole, comme, par exemple, le blond Cid Campeador qui parle « avec beaucoup de mesure » (tan mesurado), sont décrits comme des types nordiques. Le style nordique, fait d’autodiscipline, de retenue et de froide mesure, se transforme et se déforme plus tard dans certains peuples indo-germaniques, donnant naissance à l’idée de mortification des sens et d’« ascétisme ».

L’ancien Indo-Germain affirmait la vie. Au concept de yoga de l’ancien hindouisme, dérivé de la maîtrise de soi et de l’autodiscipline propres à la race nordique, s’associa, sous l’influence de formes pré-aryennes, la notion d’ascétisme, l’idée que, par divers exercices et diverses pratiques, y compris corporels, il est possible de se libérer du monde ou de donner une force surnaturelle à la volonté. La transformation la plus remarquable dans ce sens se serait produite dans le bouddhisme, où l’élan vital nordique originel, dans un milieu naturel qui ne lui convient plus et qu’il ressent donc comme un monde de « douleur », pour ainsi dire, se replie sur soi et cède à l’envie de s’évader et de se libérer de la vie et de la douleur. « Avec la diffusion du bouddhisme, l’État des descendants des Aryens ne cesse de perdre son prestige. À partir de la dynastie Nanda et de l’empire Maurya, c’est-à-dire du quatrième siècle avant notre ère, des représentants de castes inférieures prennent le pouvoir, la vie morale est altérée, la sensualité se développe de plus en plus. La période indo-aryenne ou nordique de l’Inde a donc duré un millénaire, plus ou moins de 1400 à 400 avant notre ère. »

Le manque de compréhension envers les valeurs de l’ascétisme véritable par rapport à des valeurs guerrières de type naturaliste, dont témoignent les interprétations que nous avons indiquées plus haut et qui s’était déjà manifesté dans la philosophie nietzschéenne de la « vie », amène Rosenberg et, avec lui, divers autres racistes à surestimer la civilisation perse par rapport à l’hindoue. La civilisation perse elle-même aurait été créée par des lignées aryennes, qui, dans leurs traditions, évoquent leur patrie arctique originelle et la glaciation qui les obligea à migrer. Pour renforcer le mode de vie de ces lignées après qu’elles se furent dispersées et n’eurent plus d’autorité centrale unique, intervint la doctrine de Zarathoustra, qui ne se perd pas en « contemplations ou en ascétismes hostiles au monde », mais fait du dieu Ahura Mazda le protecteur divin de l’aryanisme ; comme vision religieuse, elle donne celle de la lutte héroïque pour ce Dieu contre le Dieu des Ténèbres et ses émissaires, qui ont souvent les traits des peuples non aryens ; comme morale, elle donne un ensemble de règles, dans lesquelles le souci de la pureté de vie, de corps et de sang, a une part importante. « Depuis que la Terre Blanche (la patrie arctique) a disparu – écrit Von Leers -, l’esprit aryen n’a jamais eu de doctrine plus noble que celle de Zarathoustra. C’est dans la connaissance originelle du grand ordre du monde que réside ici la vocation que l’homme de race noble a de défendre la vérité et de combattre le mensonge, une vocation chevaleresque de porteur de lumière. La « lumière de la terre aryenne », la « lance du Perse », avec les grands rois Cyrus et Darius, le « noble cavalier » (artha kshatriya – que nous connaissons sous le nom d’Artaxerxés) et les dynasties glorieuses de Persépolis, rayonnèrent dans toute l’Asie Mineure ». Pour Günther, c’est dans la doctrine de Zarathoustra que ressort plus particulièrement l’idée bien connue d’ordre divin du monde : « Chez les Indiens, cet ordre s’appelle ritam, sur lequel veille le dieu Varuna ; chez les Perses, artam et asha (santé ou droit ou encore ordre) ; chez les Romains, ritum, qui dérive de ritam et exprime les mêmes conceptions religieuses. Cette idée d’ordre divin imprégné du sens du monde est mise en relief dans le concept grec de cosmos et apparaît dans la notion germanique de midgard. Selon sa nature propre, la race nordique, aussi loin que l’on remonte dans l‘histoire des grands peuples historiques de langue indo-germanique, s‘est avérée être une « race ordonnatrice du monde », hostile au chaos et orientée vers le cosmos : la famille, l’État, le droit, le culte, le cycle de l‘année, la vie spirituelle et les valeurs morales, tout se rapporte à cet ordre imprégné du sens du monde. » (Günther).

Mais le désir de former et d’organiser ce qui est amorphe, lorsqu’il se traduit par le désir de constituer un empire, apparaît à ces auteurs comme compromis par le destin qu’avait déjà discerné de Gobineau : « l’expansion de la puissance des Perses sur des territoires non perses avait déjà préparé la dénordicisation de l’élément perse. » Les causes sont toujours les mêmes : le mélange du sang, la déchéance de la paysannerie, l’influence destructrice des grands centres, l’introduction de cultes hybrides ou exotiques. Suivant un raisonnement bien connu, le racisme en arrive ici à voir dans le nouveau culte de Mithra (mithriacisme) un signe de la décadence de l’ancienne religion de Zarathoustra : Mithra est présenté comme un dieu de la période « impérialiste » – ainsi, à Rome, il fut considéré comme un fautor imperii – et, à ce titre, non pas tant comme un dieu aryen que comme le dieu de tous les peuples de l’empire, dont le culte finit par prendre des traits non aryens. Si Mithra conserve les caractères « nordiques » de gardien de la justice, de la pureté et de la vérité, aussi bien que l’aspect d’un dieu guerrier, il aurait en même temps les caractères mystiques antinordiques d’un « sauveur », en quoi il subirait déjà l’influence du dualisme et de la séparation entre l’âme et le corps qui sont propres aux races levantines. Par rapport à la civilisation romaine, les rois de la dynastie sassanide se présentèrent comme des rénovateurs de la doctrine de Zarathoustra et, quand le dernier d’entre eux succomba aux assauts de l’Islam, les derniers fidèles de l’ancienne religion aryenne de la lumière, les Parses, cherchèrent refuge en Inde, emportant avec eux les derniers vestiges de la tradition aryenne. Rosenberg écrit : « Autrefois, un roi perse fit inscrire sur la paroi rocheuse de Behistun les mots suivants : Moi, Darius, le grand roi, le roi des rois, d’ascendance aryenne (…). Aujourd’hui, le muletier perse passe avec indifférence devant ce rocher : un signe entre mille de ce que la personnalité naît avec la race et meurt avec elle. »

La Grèce aurait connu plus ou moins le même sort. Avec Kretschmer, Günther distingue trois couches dans le peuple grec : « d’abord une couche non indo-germanique, ensuite une couche proto-indo-germanique, qui serait liée au cycle de la civilisation minoenne ou crétoise, enfin une couche indo-germanique récente, formée par les Hellènes venus du Nord et de type nordique. Cette migration des Hellènes comprendrait elle-même trois vagues : la vague « ionienne », ensuite l’« achéenne » et, enfin, la « dorienne », qui est survenue alors que les précédents Indo-Germains étaient déjà largement dénordicisés. » Les Hellènes donnèrent le nom de Pélasges à la race qu’ils trouvèrent dans les territoires qu’ils avaient conquis : elle fut en partie écrasée ou détruite, en partie asservie. Hérodote rappelle qu’il fut une époque où il n’y avait pas d’esclaves dans son peuple. Ce n’est que lorsque les Hellènes s’établirent sur les anciennes terres des Pélasges que furent instaurés le système des castes et la division en hommes libres et hommes non libres, qui aurait eu la signification ethnique d’une subordination d’un peuple non nordique réduit en esclavage à une souche de dominateurs pour la plupart de type nordique. Les dieux de l’Iliade et de l’Odyssée sont blonds. Athéna a les yeux bleus et Déméter est blonde. Aphrodite est blond cendré – parmi les héros, Achille, Ménélas et Méléagre sont blonds, tandis qu’Hector, l’étranger et l’ennemi, est décrit comme brun. Apollon, Rhadamanthe et Aurore sont blonds, tandis que Poséidon a les yeux et les cheveux foncés et, « justement, ce dieu de la mer n’est pas un dieu hellène, mais pré-hellène : par ses caractères, il rappelle les figures semi-animales du monde des démons et des fils de la Méditerranée ancienne. Le fait que le mot d’« iris » désigne la pupille de l’œil en grec ancien indiquerait que la couleur claire devait être une couleur d’yeux normale chez les Grecs. Günther, poursuivant sur cette voie, recherche des caractères nordiques dans tout ce qui, dans les traditions et l’art des Hellènes, se réfère aux types les plus représentatifs de leur race. La lutte de l’Apollon hyperboréen contre le démon Python symboliserait le conflit entre la civilisation nordique de la lumière et la civilisation démonique des aborigènes. La constitution de Sparte reflète le même esprit que le système indo-aryen des castes. Les trois classes des spartiati, des perioikoi et des eiloti sont interprétées au point de vue racial indiqué plus haut : la première est formée de conquérants de souche dorienne ; la seconde, subordonnée bien que formée d‘hommes libres, est rattachée aux descendants des pré-Doriens, c’est-à-dire des Achéens déjà dénordicisés ; la troisième classe, servile, comprenait des éléments de race essentiellement occidentale et alpino-levantine. Des considérations du même genre sont exposées sur Athènes. Le mélange des castes et, donc, des races était interdit à l’origine, la femme devait être elle-même libre et de même condition que le mari. Quant à Rosenberg, il fait siennes les idées de Bachofen que nous avons déjà indiquées, à cela près que, si Bachofen, dans l’ensemble de la civilisation, de la religion et de la morale grecques, avait distingué deux couches, l’une dominée par le principe maternel et féminin, l’autre par le principe héroïque et viril et avait conçu la seconde comme une forme supérieure issue de la première dans un même peuple, Rosenberg nie ce concept d’évolution, rattache les deux couches à deux races différentes et voit dans la substitution de la civilisation olympienne et du droit paternel à l’ancien démonisme méditerranéen, de l’esprit héroïque à l’esprit naturaliste et hybride, autant de victoires des races nordico-helléniques sur les races méditerranéo-méridionales, pélasgiennes, phéniciennes et levantines. Le dyonysisme, le pythagorisme, le mysticisme orphique et mystérique, dans l’ensemble, sont également, pour lui, des phénomènes exotiques extra-helléniques : des altérations de l’Hellade nordico-dorienne.

La déchéance de l’esprit nordique de race en Grèce serait due aux destructions occasionnées par les guerres fratricides, à la prédominance des intérêts économiques et mercantiles, au sensualisme, à la chute de la natalité – laquelle conduisit peu à peu à l’affranchissement des éléments ethniques inférieurs et à un métissage général. La liberté intérieure des anciens Hellènes, leur sens de la personnalité, pour Rosenberg, fut en lutte continuelle avec l’esprit obtus et impur de l’Asie mineure. La démocratie grecque, pour lui, ne fut pas la souveraineté populaire, mais la souveraineté de l’Asie mineure sur des races hellènes épuisées. Pourtant, Apollon – le symbole de la religion dorico-nordique de la lumière -, pour Rosenberg comme pour Bachofen, représente, « malgré le sacrifice des Grecs, la première grande victoire de l’Europe nordique, parce que, derrière eux, surgirent de nouvelles profondeurs hyperboréennes les défenseurs des mêmes valeurs : la liberté d’âme et d’esprit, la formation organique, la capacité de création et d’investigation. Rome éloigna pendant longtemps par l’épée le spectre grandissant de l’Asie mineure. Elle réalisa le principe patriarcal apollinien de façon plus rigoureuse et consciente que l‘Hellade. Elle renforça ainsi l’idée de l‘État et fit du mariage le fondement de la nation et de la défense de la race. Finalement, l’Allemagne, dans une forme nouvelle, devint la représentante du dieu solaire ». (1)

Nous sommes ainsi amené à considérer l’interprétation raciste de notre ancienne civilisation romaine.

Pour le racisme, Rome aussi aurait été fondée par une vague de peuples qui se seraient déversés dans les vallées du sud des Alpes bien longtemps avant les Germains et les Gaulois. Ils brisèrent la domination des Étrusques, de ce « peuple mystérieux et étranger (levantin) » et se mêlèrent vraisemblablement aux tribus aborigènes encore pures de la race méditerranéenne, produisant un type hybride d’une grande force et d’une grande ténacité qui combinait la vivacité d’esprit avec l’énergie de fer des maîtres, des agriculteurs et des héros. Ici aussi, Rosenberg reprend les idées de Bachofen sur la genèse et l’essence de la civilisation romaine, en opposant cette civilisation à la civilisation étrusque et, plus généralement, italique antérieure. Mais, contrairement à Bachofen, il introduit, là encore, le critérium ethnique : pour lui, la spiritualité démonique et naturaliste, sacerdotale et confuse des anciennes races du sud de la Méditerranée se serait manifestée encore une fois dans l’élément préromain, tandis que, dans la civilisation romaine, c’est une civilisation de type viril et aristocratique parente de la dorienne qui arriva primitivement à la surface. Mais alors que, à un point de vue ethnique, le type hellène est nordique avec une composante dinarique, le type romain serait nordique avec une forte composante phalienne et alpine. L’indo-germanisation de l’Italie n’aurait cependant pas eu l’étendue qu’eut celle de la Grèce, car les Romains ne réussirent à soumettre le grand royaume des Étrusques qu’au IVe siècle avant J.-C. Et Rosenberg ne se lasse pas de stigmatiser les effrayantes représentations d’outre-tombe qui sont celles des Étrusques (dans L’Enfer de Dante – selon lui -, dans une forme grandiose, c’est l’antiquité étrusque abâtardie qui revit), leur ritualisme superstitieux, leur démonisme obscène de type levantin. Si les Romains détruisirent politiquement l’élément étrusque, ils en auraient subi l’influence dans différentes formes de leur civilisation, l’aruspice étrusque conserva son pouvoir, ce fut lui qui ouvrit les portes de Rome à l’Asie mineure en appelant à la rescousse la Grande Mère, la déesse Cybèle et ses prêtres eunuques, devant le danger carthaginois. L’héritage étrusque reçu par Rome, ensuite par le catholicisme, correspond, pour Rosenberg, à son élément anti-nordique par excellence.

Günther avait aussi interprété d’un point de vue raciste l’ancienne constitution romaine : les patriciens correspondaient aux descendants des conquérants de sang nordique, les plébéiens et les clients à des descendants de populations aborigènes pour la plupart de race occidentale et – dans le Nord – alpino-occidentale. Aux patriciens et aux plébéiens correspondaient deux formes distinctes de mariage et, primitivement, pour maintenir la pureté de sang, le connubium était interdit entre les deux couches : la caste patricienne devait demeurer pure. Les enfants mal formés étaient éliminés, comme à Sparte (hygiène de la race). La virtus et la gravitas caractérisaient l’ancien, le vrai Romain – une nobilitas et une dignité innée, traits extrêmement semblables à ceux du type nordique. Le Sénat apparaît « nordique » durant tout le 1er siècle avant J.-C. « Il fait preuve d’une audace éclairée, d’une attitude maîtrisée, d’une parole persuasive et mesurée, d’une détermination méditée et d’un profond sens de l’autorité. C’est dans les familles sénatoriales, d’abord dans le patriciat, ensuite dans la nobilitas, que l’idéal du vrai Romain, modèle humain de nature nordique, naquit et s’efforça de se réaliser, selon une formation particulièrement romaine. C’est ici que les valeurs morales de type nordique comptèrent : la virtus, c’est-à-dire la virilité, la fortitudo, la sapienta, la disciplina, la gravitas et la pietas – valeurs éthiques dont l’observation créa Rome et dont l’altération la détruisit » (Günther). Mais le Sénat, la noblesse, la solide conception du droit et la signification éthique de l‘État romain coexistèrent toujours à Rome avec le sacerdoce, l’aruspice étrusque, l’impure religiosité plébéienne, que les cultes étrangers ne firent que nourrir et renforcer.

Dés l’époque de la République, le patronyme nobiliaire Flavus (« blond ») était fort répandu. Chez Virgile, les fondateurs du royaume du Latium, Turnus, Camille et Lavinie, sont blonds ; chez Ovide, non seulement des divinités telles qu’Apollon, Cérès, Vénus et Minerve, sont blondes, mais Romulus et Lucrèce le sont aussi. De même, Juvénal, Catulle, Sénèque, Tibulle, Stace et Claudien parlent de dieux et de déesses, de héros et d’héroïnes blonds – et, pour Rome, Günther étend jusqu’à César et Auguste la recherche désormais bien connue de tous les témoignages susceptibles de nous faire remonter à un type, soit nordique, soit à caractère fortement nordique.

Il est presque superflu de dire ce que Rosenberg et les autres racistes de la même tendance pensent de la période impériale. C’est le vieux thème développé par Chamberlain. Rome, en devenant un empire mondial, détruit la race, s’enfonce dans le chaos ethnique, devient « punique » et déchoit. Les guerres, en donnant la puissance à Rome, en détruisirent le patriciat et la couche agricole saine. La loi des castes tomba en désuétude. Dénatalité dans l’aristocratie. Les marchands et les parvenus accèdent à toutes les fonctions, accourant du monde entier, trafiquant et satisfaisant leurs instincts capitalistes effrénés et dévastateurs. Des bâtards et, même, des individus de couleur deviennent empereurs. La décomposition religieuse conduit au syncrétisme, à l’introduction définitive et inconditionnée des cultes orientaux et à la fuite dans des consolations philosophiques. Enfin, une angoisse et un besoin maladif de libération se répand dans le chaos ethnique, dans la plèbe cosmopolite de l’empire orientalisé – de l’Orient, le christianisme se lance à la conquête des masses, devient religion d’État avec Constantin et son fanatisme emporte les derniers philosophes des écoles du Bas-Empire où se conservaient encore les vestiges d’une sagesse qui avait été autrefois nordique. L’autorité sacerdotale et le despotisme – « marques de la sous-race » – gagnent sur toute la ligne. Von Leers conclut ainsi ces considérations : « À la fin de l’ancien monde classique, la race nordique se trouve dans un immense cimetière : la romanité et l’hellénisme se sont écroulés, leurs derniers représentants, en Asie mineure, en Afrique du Nord et en Espagne, sont pour la plupart balayés par l’islam du désert, les Perses sont esclaves des Arabes, les Aryens de l’Inde sont momentanément sous la domination des Huns. En fait de peuples nordiques, il ne reste plus que les Allemands occidentaux, certains Germains du Sud comme les Bavarois, les Lombards qui vont dégénérant lentement dans le nord de l’Italie et, enfin, les Slaves, qui ont poussé jusqu’à l‘Elbe et n’ont presque pas d‘histoire ».

Ici, on n’est plus très loin des thèses antichrétiennes et, surtout, anticatholiques de Rosenberg. En effet, si Rosenberg considère que Jésus est en lui-même une « grande personnalité », il n’en reprend pas moins une vieille fable raciste : Jésus n’aurait pas été d’origine purement juive, puisqu’il aurait eu pour mère une Syriaque adultère et pour père un légionnaire et séducteur romain. Mais le tempérament de la race juive, levantine et africaine, déteignit sur la doctrine de Jésus et le christianisme, malgré l’élément aristocratique encore présent dans l’Évangile de saint Jean, s’abâtardit et s’orientalisa ; puis, surtout par la faute de saint Paul, il devint une doctrine universaliste, abstraite, farcie de conceptions mystériques plus ou moins sensualistes et doublée d’une démonologie de type étrusque et pélasgien. Du fait de sa décomposition raciale, Rome était devenue entre temps « synonyme d’Afrique et de Syrie », la vraie personnalité de Jésus fut déformée et l’idéal universaliste du Bas-Empire se fondit dans l’idée d’une Église universelle indifférente à la race. C’est de là que serait issue la romanité catholique. L’accusation que Rosenberg porte contre elle se fonde sur les points suivants :

1) Sur les influences syriaques et sémitiques susmentionnées que le catholicisme a faites siennes ; sur sa doctrine de l’amour et de l’humilité, incompatible avec la doctrine nordique de l’honneur et de la fierté guerrière. Sous le drame de nombreuses « hérésies » aussi bien que sous la lutte séculaire entre la papauté et le Germanisme, se serait dissimulée, de manière plus ou moins consciente, une lutte entre l’« amour » et l’« honneur », principes de deux éthiques inconciliables : « l’Église – aussi paradoxal que cela puisse paraître – voulut dominer au moyen de l’amour, tandis que l’Européen nordique voulut une vie libre dans l’honneur ou une mort au nom de l’honneur. »

2) Sur l’universalisme antiraciste professé par le catholicisme, qui fait pendant à la philosophie purement rationaliste (scolastique) de Rome – philosophie abstraite, à la logique mécanique, qui n’en célèbrerait pas moins dans le catholicisme la plus singulière union entre des croyances superstitieuses qui se rapportent à des formes inférieures de magie sacramentelle, de cultes à mystères et d’exorcisme. L’universalisme et le rationalisme catholiques ont d’ailleurs amené certains racistes extrémistes à associer l’idée de Rome à l’idée juive, à la démocratie internationale et ainsi de suite, tout ceci formant finalement – selon eux – un front unique contre les valeurs du sang et contre toute vérité, toute civilisation et toute religiosité fondée sur le sang, en vue d’un nivellement et d’un déracinement universels.

3) Sur la conception générale que le catholicisme – comme le christianisme en général – a de l’être humain et de sa destination surnaturelle. Le racisme de Rosenberg, considérant le corps et l’âme comme deux parties indissociables d’une réalité unique conditionnée par la race, en arrive plus ou moins à nier que l’âme puisse avoir une existence absolument séparée dans l’au-delà et, donc, que l’homme doive vivre sur la terre essentiellement par rapport à un au-delà. Il semble avoir tendance à penser que c’est surtout dans les forces mystiques de la race et dans la descendance que l’âme des individus survit et subsiste, comme dans certains aspects, qui n’en sont même pas les plus élevés, de l’ancien culte des lares et des pénates.

4) Sur la doctrine catholique du péché et de la grâce et sur l’existence humaine comme « don de dieu », sur les préceptes d’« obéissance cadavérique » qui mènent à la morale jésuitique, sur le dogmatisme et l’absolutisme sacerdotaux ; toutes choses qui s’opposeraient au sens nordique de l’indépendance, de la liberté, de la responsabilité et de l’honneur, aussi bien qu’à l’aspiration nordique à une expérience claire et directe du divin. « Tout peuple doté de qualités raciales, noble et indépendant, écrit Rosenberg, aurait rejeté la doctrine du péché originel comme une absurdité. Ce peuple a en effet assez d’orgueil et de confiance en lui-même pour ne se fonder sur rien d’autre que sur sa seule volonté pour décider de son destin ». Le sentiment de faute est « un symptôme secondaire d’abâtardissement physique ». (2)

5) Ce peuple exécrerait encore davantage toute la doctrine catholique des sacrements et des rites, de la transsubstantiation et des indulgences, de la rédemption par le sacrifice vicarial, des épouvantables châtiments d’outre-tombe et ainsi de suite. En tout cela, Rosenberg voit réapparaître en tout cela le monde de la plus basse magie syro-africaine ou étrusque et, à cet égard, il n’hésite pas à assimiler la vision catholique de la vie à celle des sauvages, rassemblés, sans personnalité, comme des choses, à la communiste, autour de leurs sorciers tout puissants. Il écrit textuellement : « Sous un aspect philosophique, les dogmes des indulgences et de l’intercession efficace (ainsi qu’une multitude d’autres, du dogme du scapulaire jusqu’aux saintes huiles et aux reliques miraculeuses) sont au niveau d’une conception du monde dont le type est l’homme médecine ou le sorcier des sauvages. » « Décrire cette tentative d’imposer dans la politique mondiale la conception du monde magico-démonique du sorcier ou de l’homme médecine, c’est écrire l’histoire des dogmes et de l’Église romaine : (…) sa victoire complète [celle de l’Église romaine] signifierait qu’une caste de prêtres régnerait sur une masse de milliards d’hommes qui, sans race, sans volonté, telle une communauté organisée selon des principes communistes, considèrerait son existence comme un don divin accordé par l’entremise du tout puissant sorcier (le pape) ».

Mais, à ce sujet, il faut noter qu’il est étrange que, d’un côté, Rosenberg accuse la philosophie « romaine » de rationalisme, tandis que, de l’autre, il est indéniable qu’il adopte lui-même une attitude rationaliste (pour ne pas dire purement et simplement inspirée par la philosophie des Lumières), lorsqu’il fait preuve d’une incompréhension semblable de la signification profonde, objective et spirituelle, propre, en principe, à tout ce qui est rite et sacrement. De plus, Rosenberg, à l’image de Chamberlain, en arrive à faire l’apologie de la science et de la technique modernes, qui seraient des créations de l’esprit nordique visant à dépasser les superstitions religieuses de type étrusco-levantin ; et il va jusqu’à écrire : « Celui qui ne comprend pas que le monde créé par la machine et la technique représente un dépassement n’a pas saisi un aspect de l’esprit nordique et ne pourra donc pas non plus comprendre son autre aspect, mystique et métaphysique. » (3)

Depuis la chute de l’ancienne Rome aristocratico-païenne, la romanité, pour Rosenberg, n’a été qu’un absolutisme sacerdotal et un universalisme catholique. Il s’ensuit une approbation de Luther et de la Réforme, encore qu’elle ne soit pas aussi enthousiaste que chez d’autres Allemands. Le protestantisme, pour Rosenberg, a un double visage : il est positif, en ce sens que – comme anticatholicisme – il a contribué à la lutte pour l’indépendance vis-à-vis de Rome, à la formation de la vie nationale allemande et de la personnalité libre, « (ouvrant) la voie à tout ce que nous nommons aujourd’hui les meilleurs œuvres de notre culture et de notre science » ; mais le protestantisme est négatif parce qu’il a remplacé Rome par Jérusalem, parce qu’il a exhumé et mis au premier plan la tradition juive de l’Ancien Testament (ce recueil d’« histoires de proxénètes et de marchands de bétail ») et parce qu’il s’en est tenu idolâtrement aux textes sacrés : en quoi, vu ses prémisses, Rosenberg tombe de Charybde en Scylla, par la même que, au bout du compte, il fait au catholicisme l’honneur de lui reconnaître le mérite d’avoir conservé, fût-ce en l’adaptant à son esprit, quelques symboles cosmiques de la tradition nordico-solaire primordiale, qui est la tradition dont parle Wirth, le christianisme cosmique de 15 000 avant J.-C. transmis par les Atlantes aux Galiléens. Pour Rosenberg, le grand péché du protestantisme a donc été de se réclamer de la Bible et d’en faire le livre du peuple allemand, au lieu de s’engager dans la lutte pour l’indépendance vis-à-vis de Rome et le retour à l’héritage nordique en vertu du message et des conquêtes spirituelles de mystiques allemands comme Maître Eckhart.

Pour ce qui est de l’aspect « terrestre » de l’esprit nordique, Rosenberg, comme nous l’avons dit, a une haute opinion de la science et de la technique, alors que, pour ce qui est de son aspect métaphysique, il se réfère au mystique médiéval maître Eckhart (1260-1328) et salue en lui le précurseur d’une nouvelle religion raciste et nordique. Maître Eckhart est un modèle de « mystique aristocratique », il est celui qui s’est adressé à l’« âme noble » et a proclamé : « Ce qu‘il y a de plus noble dans l‘homme est le sang » ; il est celui qui a conçu le Moi comme un principe ayant sa cause en lui-même, comme un principe né de l’éternité, comme une forteresse inexpugnable et qui a affirmé que, s’il n’existait pas, Dieu non plus ne pourrait pas exister ; enfin, il est celui qui a déclaré : « L’homme doit être libre et maître de toutes ses œuvres, sans subir de destruction ni de violence » et qui a enseigné une voie austère pour conquérir les cieux, exempte de magie, de dogmatisme, de littéralisme ainsi que de sentimentalismes religieux et d’abandons humanitaires. « L’honneur et la liberté » – dit Rosenberg – ne sont pas des qualités extérieures, mais des essences hors du temps et de l’espace ». Ces valeurs innées dans le sang nordique s’expriment selon lui dans un mysticisme du type que nous venons d’indiquer, aussi bien que dans le style du Viking nordique, du chevalier germanique, de l’officier prussien, du soldat allemand et du paysan allemand. « Les idées de sang et d’honneur sont le principe et le but de toutes nos pensées et de toutes nos actions ». Par ce fait, Rosenberg en était arrivé à formuler le projet d’une future « Église Nationale Allemande », qui aurait été l’incarnation de cette spiritualité : spiritualité que l’on peut retrouver dans les anciens mythes du paganisme nordico-aryen, qui, adoptés comme symboles, devraient se substituer aux « histoires juives de l’Ancien Testament » dans l’éducation des jeunes générations. Odin, le dieu de l’Edda, « conçu comme le reflet des forces spirituelles de l’homme nordique », « vit encore comme il y a cinq mille ans ». (4) Le christianisme devrait être graduellement supplanté par une religion héroïque : les monuments des héros qui se sont offerts en holocauste sur le champ de bataille pour que vive le mystère de leur sang devront être plus sacrés que les crucifix. Dans les villages et dans les villes de la nouvelle Allemagne, les statues du soldat prussien, substituées à celles des saints et des madones, pourraient être la destination de nouveaux pèlerinages, puisque le martyr allemand dans la guerre mondiale n’aurait pas été déterminé par une conjoncture politique, mais par « une nouvelle foi ». Rosenberg écrit : « L’Allemand doit revenir à sa superbe mystique, reconquérir la grandeur spirituelle d’un maître Eckhart et comprendre que cet homme et le héros en uniforme feldgrau sous le casque d’acier ne sont qu’une seule même personne. » Et il conclut : « La volonté de donner à l’âme de la race nordique la forme qui est la sienne par un mythe national comme l’Église Allemande est la plus grande tâche de notre siècle. » « Catholicisme, protestantisme, judaïsme (…) doivent céder le terrain à une nouvelle conception du monde, de manière telle qu’on n’y pense plus, comme on ne pense plus aux lampes lorsque le soleil matinal paraît au-dessus des montagnes ».

Le fait d’avoir dit que Rosenberg est toujours une personnalité influente dans l’Allemagne national-socialiste ne doit pas laisser supposer que de semblables idées y font leur chemin dans tout leur extrémisme. Les tentatives d’édification d’une nouvelle Église nordico-germanique en partant de la vision raciste du monde se sont réduites à bien peu de chose. Au point de vue éthique, il en est qui ont remplacé les commandements de l’Ancien Testament par ceux-ci : « Honore la divinité ; honore tes ancêtres et tes descendants (culte païen des ancêtres) ; honore les grands hommes de ton peuple (culte des héros) ; honore ton père et ta mère ; reste pur ; sois fidèle à ta race ; ne vole pas ; dis la vérité ; aide l’homme noble. » Le commandement de « ne pas tuer » est donc supprimé et celui d’aimer son prochain est remplacé par le précepte de solidarité à l’égard des seuls « nobles ». De plus, le corps spécial des SS (Schutz-Staffeln) s’est efforcé de faire sienne cette éthique et de créer une sorte d’« ordre » ou de « garde » national-socialiste à caractère « nordique » – pour ce qui est des insignes, on a repris les runes du germanisme nordique préchrétien et les deux S stylisés qui constituent l’emblème de cet important corps organisé par Heinrich Himmler sont désormais assimilés purement et simplement aux « runes de victoire » préhistoriques (Siegrunen). Dans les Ordensburgen, de nouveaux centres allemands visant à rassembler, à sélectionner et à former de façon systématique et totale des éléments qui, par leurs qualifications raciales et spirituelles, sont destinés à former les cadres de la future classe politique dirigeante – dans ces centres, les idées de Rosenberg ont une part importante, mais, là encore, surtout sur le terrain éthique. Sur le terrain philosophique et spirituel, en revanche, ceux qui ont voulu prendre au sérieux l’idée d’une nouvelle religion antichrétienne sont tombés dans le dilettantisme : c’est le cas de Hauer, de von Reventlow, de Ludendorff et de Löpmann, auxquels, comme exemple vraiment typique de certaines déviations, nous pouvons ajouter Ernst Bergmann, dont le livre sur l’Église Nationale Allemande a été mis à l’index avec celui de Rosenberg et dont l’interprétation de l’histoire, lorsqu’elle est adoptée avec cohérence, s’avère être l’antipode de celle que les lecteurs ont vu prédominer jusqu’ici. Bergmann prétend justifier ses vues, non pas par des idées abstraites, mais par des faits positifs ; c‘est d’observations biologiques et zoologiques faites sur les animaux et même sur les insectes qu’il pense tirer la base la plus solide pour définir ce qui peut être considéré comme normal pour l’homme. En bref, le résultat mirobolant de cette recherche est qu’il y a quelque chose d’anormal partout où le principe maternel féminin ne règne pas et où le principe masculin n’y est pas subordonné ; donc, l’histoire, tissée de révoltes, d’affranchissements et d’usurpations du masculin et de la civilisation masculine vis-à-vis de l’autorité de la femme, est tout entière une anomalie, un cauchemar délirant d’hystériques, auquel il est temps de mettre fin. Ici, les idées plus ou moins féministes que nous avons déjà rencontrées dans les conceptions de Wirth sur la religion de la race nordico-atlantique passent donc les bornes de la raison. Il est vrai que Bergmann – qui proclame désormais : « Finissons-en avec Rome et avec Jérusalem ! Revenons à notre religion allemande autochtone dans une forme actuelle ! Ce qui est sacré chez nous, ce qui est éternel dans notre peuple, ce qui est divin, c’est ce que nous voulons construire » – il est vrai, donc, que Bergmann, dans l’« Église Allemande », ne se fait pas faute de placer la « très chère et bienheureuse mère » à côté de la « figure masculine du héros de la lumière ». Cependant, tout cela ne fait que trahir les errements de la nouvelle idéologie, qui, en réalité, renferme toutes sortes d’aspirations confuses, de suggestions, de partis pris incohérents. Le gros problème ici est que l’on ne se préoccupe que de politique et que l’on s’empresse de créer des « mythes » et des mots d’ordre sans avoir une préparation adéquate et une connaissance solide et claire de tout ce qui concerne les vraies traditions des origines. Cela n’est pas sans dangers, car le discrédit qui peut frapper la distorsion ou la contrefaçon de certaines conceptions peut vite s’étendre à des choses valables en elles-mêmes et, donc, empêcher les gens de comprendre les idées qu’il faudrait adopter pour mener une action vraiment constructive. C’est ainsi que nous avons jugé bon de procéder à un examen critique attentif du fameux « paganisme » du racisme contemporain, de façon à dissiper de dangereuses méprises – le lecteur peut trouver cet examen critique dans notre Synthèse de doctrine de la race. Dans l’ensemble, ce à quoi nous nous sommes référé ici par devoir d’information ne doit pas amener le lecteur à s’imaginer que la seule solution du problème de la « nouvelle vision du monde » résiderait dans une sorte d’idolâtrie de la nation conçue d’un point de vue racial et dans l’idée que ce n’est que par la nation que l’on peut invoquer Dieu et que seul le sang – tel qu’il est plus ou moins compris aujourd’hui – serait un sacrement mystique. Il est au contraire possible d’arriver à des conceptions d’une tout autre ampleur et d’éviter le retour d’un esprit qui, sous de fausses apparences, est, au fond, jacobin et gallican.

Avant de clore ce chapitre, il nous faut signaler une autre erreur de certains milieux racistes extrémistes allemands, erreur dont doivent également se garder ceux qui croient fermement au rôle positif qu’un mythe raciste adéquatement formulé peut avoir dans notre lutte contre la décadence de la civilisation contemporaine.

Dans les milieux auxquels nous venons de faire allusion, non seulement on s’oppose à l’Église, mais on en arrive à s’opposer à la tradition impériale gibeline elle-même, le « Saint Empire Romain Germanique ». La tradition de l’homme de race nordico-germanique ne se serait pas continuée en Charlemagne, mais dans les lignées païennes saxonnes écrasées par cet empereur, puis dans les princes réformés en révolte contre l’autorité impériale. Von Leers voit dans la révolte antiaristocratique et communiste des paysans allemands « la dernière révolution nordique du Moyen Âge » qui fut étouffée dans le sang et Rosenberg qui y voit également une insurrection des paysans allemands soumis à l’autorité de Rome, sous la triple forme de l’Église, de l’État et du Droit, ajoute que, au vingtième siècle, cette révolte « spirituelle » éclatera de nouveau et conduira à une victoire définitive. Ces idées ont été soutenues de façon encore plus prononcée par Walter Darré, dont la dernière œuvre, Le Paysan, source de vie de la race nordique, a eu en Allemagne une diffusion et un succès que nous attribuerions à des causes extrinsèques. Dans une œuvre précédente, Darré en était venu plus ou moins à contester le caractère nordique de l’institution la plus caractéristique et la plus traditionnelle du Moyen Âge gibelin – le régime féodal – et à en attribuer l’origine aux mœurs antigermaniques, étrangères au sentiment nordique d’indépendance, qui étaient celles de la cour des Francs et ensuite de la cour de Charlemagne. Dans son tout dernier livre, Darré en arrive à soutenir le point de vue suivant, vraiment « révolutionnaire » par rapport aux idées qui étaient jusqu’à présent les plus choyées par le racisme et le pangermanisme : le vrai type nordique n’aurait pas été celui du conquérant, mais celui du paysan : si l’on veut, du paysan armé et prêt à se défendre, mais néanmoins toujours du paysan. Les chefs des Germains eux-mêmes auraient toujours été des paysans. La race nordique n’est plus la « race active » de l’ère glaciaire, la race du « chasseur primordial » nomade épris de grands espaces et d’entreprises aventureuses, mais une race sédentaire, une race aspirant essentiellement à cultiver sa terre, à laquelle elle reste attachée et fidèle. Dans l’histoire, les Germains n’auraient jamais été de purs conquérants, c’est-à-dire des conquérants par nature ; ils le seraient devenus par nécessité ; tout au plus, ils auraient voulu et conquis des terres nécessaires à leur existence. Les Indo-Germains se développèrent et furent forts aussi longtemps qu’ils conservèrent ce caractère et s’appuyèrent sur une couche paysanne solide et bien préservée d’un point de vue racial. Ils commencèrent à perdre leur nationalité et leurs caractéristiques raciales, dès qu’ils négligèrent l’élément paysan pour s’abandonner à la vie citadine et aux mirages insensés de l’impérialisme.

C’est ici que réapparaît un thème déjà connu, qui prend cependant un caractère nouveau, tendancieux, nous dirions presque démagogique, en vertu duquel le racisme de ces milieux baisse graduellement de niveau et en arrive presque à confondre la doctrine de la liberté et de l’honneur « nordique » avec les revendications « sociales » plus ou moins anti-traditionnelles et plébéiennes du monde moderne. D’ailleurs, en 1933, un livre de Carl Dryssen, Il Messagio dell’Oriente, avait eu au moins le courage d’énoncer la conséquence logique d’idées de cet ordre : le national-socialisme, s’il ne veut pas être une révolution pour rire, doit prendre nettement position contre le monde « occidental », qui serait le monde libéral, capitaliste, féodal, plus ou moins protégé par l’Église et que, pour l’instant, le fascisme italien a réorganisé, mais pas dépassé. L’Allemagne nouvelle doit se réclamer de l’esprit de la révolte des paysans : il faudra reconnaître que la tradition germanique est agricole et socialiste et, ainsi, on verra que l’Allemagne est essentiellement apparentée à l’Orient, c’est-à-dire à l’élément slavo-bolchevique : avec le bolchevisme – qui est un régime dirigé par de libres représentants des paysans et des soldats -, elle doit faire front commun contre l’« Occident » et ne voir dans l’athéisme bolchevique qu’un « défaut de jeunesse », l’expression d’une intolérance pour toute forme « romaine » de religiosité, qui annonce une purification et une libération du sentiment religieux fort semblables à celles qu’avait déjà favorisées la Réforme luthérienne.

Que l’Allemagne officielle, en matière de politique étrangère, se soit gardée d’adhérer à ces extravagances, c’est là ce que nous avons à peine besoin de faire remarquer. De semblables formulations sont cependant significatives et dignes d’être mentionnées à des fins, pour ainsi dire, prophylactiques et pédagogiques : ce sont des tendances racistes et extrémistes qui correspondent – comme nous l’avons déjà fait remarquer – à autant d’erreurs.

(1) Le texte original, traduit par l’auteur par « Finché in una nuova forma la Germania divenne la rappresentante del dio solare », dit : « Bis Germanien in neuen form der vertreter des Himmelsgottes wurde » : « Jusqu’à ce que l’Allemagne, dans une nouvelle forme, devînt la représentante du Dieu des cieux. »

(2) Le texte original, traduit par l’auteur par « Ogni popolo che abbia qualità di razza, che sia nobile e independente avrebbe rigettata la dottrina del peccato originale comme un’assurdità. Un tale popolo dispone infatti di un orgoglio e di un fiducia in sé sufficienti per potersi basare su null’altro, che la propria volontà, per decidere del proprio destino », dit : « EinemVolk mit ungebrochenem Rassencharakter wäre die Erb-Sündenlehre eine Unverständlichkeit gewesen, denn in einer solchen Nation lebt das sichere Vertrauen zu sich selbst und zu seinem als Schicksal empfundenen Willen (…) ist das dauernde Sündengefühl eine Begleiterscheinung physischer Bastardierung » : « La notion de péché originel aurait été impossible à concevoir pour un peuple au caractère racial intact, car une telle nation avait pleinement confiance en elle et en sa volonté, qu’elle ressentait comme un destin. (…) Le sentiment permanent du péché est un symptôme secondaire d’abâtardissement physique. »

(3) Le texte original, traduit par l’auteur par « Chi non ha compreso il valore di superamento del mondo realizzato dalla macchina e dalla tecnica, non ha compreso un lato del spirito nordico, epperò egli non potrà nemmeno comprender l’altro lato di esso, quello mistico e metafisico », dit : « (…) wer nicht inmitten von Maschinen und Eisenwerken (…) diesen Pulsschlag der empirischen Weltüberwindung fühlt, der hat eine Seite der germanisch-europäischen Seele nicht begriffen und wird dann auch die andere — mystische—Seite nie verstehen » : « celui qui, au milieu des machines et des ouvrages métalliques (…) ne sent pas le dépassement du monde empirique, celui-là n’a pas saisi un aspect de l’âme germano-européenne et ne comprendra jamais non plus l’autre côté, métaphysique. »

(4) Le texte original, traduit par l’auteur par « concepito come il riflesso delle forze spirituali dell’uomo nordico », dit : « das ewige Spiegelbild der seelischen Urkräfte des nordischen Menschen » : « le reflet éternel des forces psychiques originelles de l’homme nordique. »

Chapitre IX : RACISME ET ANTISEMITISME

La question juive. Le problème ethnique. Genèse du judaïsme destructeur. La « Loi » et la révolution. La haine juive. Les formes modernes d’apparition du judaïsme. Le problème juif n’est pas un problème religieux. Les Protocoles des Sages de Sion et leur signification.

Dans ce qui précède, nous avons souvent rencontré des idées antisémites. Ces idées, dans les formes contemporaines du racisme, se sont précisées de plus en plus et ont parfois donné lieu à une méprise : celle qui consiste à considérer que le racisme et l’antisémitisme ne font qu’un et que tous ceux qui n’ont pas de sang juif ou de sang de race de couleur sont purement et simple « aryens ». Bien que certaines formes irréfléchies de racisme en soient arrivées à justifier de semblables confusions, il ne faut pas oublier que l’antisémitisme et, en particulier, l’antijudaïsme sont des aspects secondaires et, pour ainsi dire, appliqués de la théorie de la race : ils en tirent leurs principes, mais ils ne s’y identifient pas purement et simplement.

Dans ce chapitre, nous nous proposons de clarifier les points fondamentaux de la question juive et de la controverse qui y est liée. Nous nous réfèrerons aux opinions de certains racistes antisémites étrangers, mais nous mentionnerons aussi les points de vue adoptés par l’antijudaïsme italien, notamment ceux du courant de Giovanni Preziosi et de sa revue, La Vita Italiana, car ces points de vue, que nous avons d’ailleurs contribués à éclaircir, ont souvent un caractère plus complet.

Envisageons d’abord la question juive d’un point de vue ethnique et spécifiquement racial. Selon le racisme, les Juifs ne forment pas une race au sens propre, mais seulement un « peuple » de métis (Fritsch, Günther, etc.). Les Sémites, un ensemble de peuples auquel appartiennent les Juifs, furent considérés par de Gobineau comme des métis issus d’un croisement particulier entre la race blanche et la race noire. Aujourd’hui, on a tendance à y voir un mélange de la race désertique (orientaloïde) et de la race levantine (arménoïde) : dans le cas spécifique des Juifs, ce mélange aurait été compliqué par d’autres éléments raciaux, des éléments, variés selon les souches, de races, soit anciennes (par exemple, la race amorite et la race aryenne), soit encore existantes (par exemple, la race méditerranéenne et la race alpine). Au reste, la Bible dit que sept peuples auraient contribué à la formation du sang et de la « semence » juive, en dehors même des infiltrations chamites (égyptiennes), philistines, etc. À l’époque de la dispersion (diaspora) et du prophétisme tardif, d’autres éléments détritiques de la dégénérescence ethnique et spirituelle méditerranéenne sont entrés dans la composition du judaïsme. Mais s’il en est ainsi et que, donc, Israël n’est pas une race, mais un mélange de races, on se demandera à quoi est due son indiscutable unité et ce qui a extrait de ce mélange un type clairement reconnaissable, qui a eu la force de résister au cours des siècles dans les conditions les plus défavorables et dont le sens de la solidarité et de la fidélité à la race est si vif que le peuple juif nous apparaît pratiquement comme l’un des peuples les plus « racistes » de l’histoire.

Il ne faut pas chercher la cause de cette unité dans la race au sens strict, mais dans la force formatrice exercée par une idée et une tradition. C’est un Juif, James Darmesteter, qui a écrit : « Le Juif a été formé, pour ne pas dire fabriqué, par ses livres et par ses rites. De même qu’Adam a été façonné par Jéhovah, ainsi il a été façonné par ses rabbins. » C’est la « Loi », la Torah, qui a créé le type juif et l’unité juive ; cette « Loi », chez le Juif, remplace la patrie, la terre, la nation, le sang lui-même ; cette « Loi » a réagi à un mélange racial originel, chaotique et détritique, lui a imposé une forme, y a élaboré des instincts et des attitudes d’un type spécial, qui devait devenir héréditaire au cours des siècles.

Nous avons dit « au cours des siècles », parce que, comme les antisémites l’ont fait remarquer avec raison, il est faux de croire que, après l’Ancien Testament et à l’avènement du christianisme, l’influence de la loi juive ait été, pour ainsi dire, neutralisée et, en quelque sorte, paralysée. C’est le contraire qui est vrai. L’ancienne Loi, la Torah, qui avait été complétée par la Michna (la répétition, la loi répétée), c’est-à-dire par une tradition également mosaïque transmise oralement avant d’être mise par écrit vers le III e siècle, a été enrichie plus tard par la littérature rabbinique rassemblée dans la Guemara, qui veut dire « achèvement » et qui est ce que l’on appelle communément le Talmud ; à cela viennent s’ajouter les développements propres à la Qabalah et les formulations du Shulhan Aruch. Tout cela doit être pris comme un tout, comme quelque chose d’antérieur au christianisme et qui a duré sans aucune interruption jusqu’à nos jours. En fait, les commentaires postchrétiens, talmudiques, de la Loi juive sont ceux qui ont le plus renforcé et caractérisé la manière d’être et l’instinct du peuple juif, surtout dans ses rapports avec les non Juifs.

Le camp aryen et raciste considère le judaïsme comme une force destructrice pour toutes les autres races ou civilisations. Examinons les éléments qui justifient cette idée et même, plus précisément, les voies par lesquelles se manifeste le caractère effectivement destructeur du judaïsme. Le point de vue prédominant dans l’antisémitisme est que, de même que le pouvoir germinatif d’une graine ne se manifeste pleinement que lorsqu’elle se débarrasse de son enveloppe et se met à agir sur la matière environnante, ainsi le judaïsme n’aurait commencé à exercer des influences vraiment délétères dans le monde entier qu’avec la crise de l’ancienne tradition nationale juive, avec l’écroulement politique du peuple élu et sa dispersion dans le monde.

Comme premier élément il faut envisager les influences que devaient exercer les éléments ethniques intrinsèquement chaotiques et hybrides qui étaient retenus dans certaines limites par la Loi, lorsqu’ils s’en détachèrent et se retrouvèrent à l’état libre. Guénon a fait remarquer avec raison que les rapports entre le Juif et sa tradition sont différents de ceux d’un membre d’une autre race avec sa tradition. Pour le non Juif qui rompt avec sa tradition en tant que loi religieuse, il y a encore des appuis : la terre, le sang et la patrie. Mais, dans le judaïsme, la Loi remplace tout cela. Lorsque, donc, le Juif s’en affranchit, il devient automatiquement une force dissolvante. C’est ainsi que, étant lui-même sans race, il devient l’anti-race ; étant lui-même sans nation, il devient l’anti-nation. Mommsen a écrit : « Dans le monde antique aussi, le judaïsme fut un ferment actif de cosmopolitisme et de décomposition nationale. » Substance insaisissable, fuyante et apatride dans toutes les patries, l’élément juif, selon Wolf, est le principe même de l’anti-race, de l’anti-tradition, de l’anti-culture : non pas l’antithèse d’une culture déterminée, mais de toute culture déterminée par la race et la nation. La part qu’a la race du désert ou orientaloïde dans le mélange juif renforce cette influence : par leur esprit de nomades, de peuple du désert qui n’est attaché à aucune terre, les Juifs auraient introduit dans les divers peuples, en commençant par le romain, le virus de la dénationalisation, de l’universalisme, de l’internationalisme culturel. C’est une corrosion incessante de tout ce qui est différencié, qualitatif, lié à un sang et à une tradition. C’est ce qui, à l’époque moderne, s’est manifesté sur le terrain politique dans l’idéologie démo-maçonnique judaïsante et ses mythes socio-humanitaires et internationalistes.

Venons-en maintenant au second élément : les influences destructrices du judaïsme sont aussi liées à la place que tient en Israël la race de l’homme levantin ou arménoïde, suivant l’étude psychologique qui a été faite de cette race par Günther et, surtout, par Clauss qui, comme nous l’avons vu, l’a définie comme celle de « l’homme de la rédemption ». L’homme de la rédemption se caractérise par le dualisme anti-aryen du corps et de l’esprit. Le corps n’est plus conçu comme un instrument d’expression de l’esprit, mais comme « chair », comme une matérialité impure dont il faut « se racheter ». Mais ce désir confus de « rédemption » peut s’éteindre et alors ce type humain retombe dans la matérialité et, comme pour s’oublier, il en jouit et s’en grise et, de plus, il fait tout pour contaminer tout ce à quoi il aspirait et qu’il n’a pas atteint, toutes les valeurs supérieures : il jouit de toutes les crises où il voit se refléter sa propre crise, il prend plaisir à voir démontrer ou à démontrer lui-même que seule est réelle et omnipotente la matérialité grossière et équivoque dans laquelle il est retombé, car ceci lui sert en quelque sorte d’alibi, de justification. C’est sous cet aspect que l’élément juif, comme nous le verrons plus complètement, a toujours exercé, consciemment ou inconsciemment, une influence contaminatrice et avilissante sur toutes les valeurs supérieures.

Comme troisième élément il faut faire état de l’effet particulier qu’ont eu les principaux thèmes de la Loi sur la formation d’instincts et d’attitudes fondamentales et il faut aussi tenir compte du caractère sécularisé, matérialiste et automatique, que revêtent ces thèmes et ces instincts chez le Juif persécuté de la diaspora. Comme on sait, le thème central de l’ancienne Loi est qu’Israël est le « peuple élu » et qu’il est destiné à dominer tous les hommes, toutes les terres et les richesses du monde, de sorte que tous les royaumes devront lui obéir. Ce sont là les thèmes du mosaïsme : « Yahvé te mettra à la tête, et non à la queue ; tu ne seras jamais qu’au-dessus et non point au dessous » (Deutéronome, 28, 13). « Tu dévoreras tous les peuples que l’Eternel, ton dieu, va te livrer ; tu ne jetteras pas sur eux un regard de pitié, et tu ne serviras point leurs dieux » (ibid., 7, 16) – mais ce sont là aussi les thèmes de la littérature prophétique : « Et le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous tous les cieux seront donnés au peuple des saints du Très-Haut : son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. » (Daniel, 7, 27) « Les fils de l’étranger rebâtiront tes mûrs. Et leurs rois seront tes serviteurs » (Isaïe, 60, 10). « Vous serez appelés prêtres de Yahvé ; on vous nommera ministres de notre Dieu ; vous mangerez les richesses des nations, et vous vous glorifierez de leur magnificence » (ibid., 61, 6).

Que l’on songe maintenant aux sentiments auxquels devait fatalement donner naissance cette certitude, cette idée fixe de l’« élection » et de la domination universelle, lorsque Israël cessa d’exister comme puissance politique et que, avec le triomphe du christianisme, ce peuple, qui continuait à se sentir « élu », fut identifié au dernier des peuples, à une lignée maudite et déicide qui ne méritait que d’être persécutée et condamnée, par une juste punition, à la servitude. Le « potentiel » déterminé par cette idée de Loi devait alors fatalement se traduire par une haine profonde et sans limites envers tous les non Juifs et se cristalliser en une praxis, pour ainsi dire, serpentine. C’est ce que nous montrent clairement les commentaires talmudiques de l’ancienne Loi. Voici quelques passages du Talmud cités à ce sujet par Preziosi et De Vries de Heekelingen : « Que signifie Har Sinaï ? C’est la montagne d’où Sina, la haine, est descendue sur tous les peuples du monde. » « Les Juifs sont des humains, les non Juifs ne sont pas des humains, ce sont des bêtes ». « La semence d’un goy est semblable à la semence des bêtes ». « Les meilleurs des goyim, tuez-les ». « Faîtes-les mourir en leur fermant la bouche, pour qu’ils ne crient pas ». « Qu’est-ce qu’une prostituée ? Toute femme qui n’est pas juive ». Et ainsi de suite. Voici un extrait d’une prière que tout Juif orthodoxe est tenu de réciter trois fois par jour, le Shemone Esre : « Et qu’il n’y ait aucun espoir pour les apostats, que les Nazaréens et les Mimin (chrétiens) périssent instantanément, qu’ils soient rayés du livre de vie, retranchés du compte des justes. »

Or, il faut voir que, si, à une époque plus récente, la justification religieuse de ces sentiments a disparu, ils n’en ont pas moins conservé leur force comme instinct, attitude innée. Il faut en dire autant de ce qui devait procéder de la croyance originelle qu’il n’y a rien de commun entre Israël et les autres peuples et qu’il est donc absurde de vouloir adopter les mêmes critères de conduite à l’égard des Juifs et des Gentils, êtres inférieurs qui devraient être considérés de droit comme du bétail corvéable à merci. Les préceptes talmudiques, sous ce rapport, sont clairs : ils établissent deux morales, l’une qui s’applique au prochain, c’est-à-dire aux Juifs, l’autre qui vaut pour les rapports avec les goyim, les non Juifs. Tout ce qui est délit ou acte indigne pour la première morale ne l’est plus pour la seconde. Ainsi, le Talmud et le Schulhan Arukh autorisent le Juif à duper le non Juif ; ils considèrent que l’adultère commis avec une non Juive n’en est pas un ; ils font du prêt usuraire un droit et quasiment un devoir ; ils prescrivent de ne pas témoigner ou de faire un faux témoignage dans un procès intenté par un non Juif à un Juif ; ils admettent que « le patrimoine et les biens des non Juifs doivent être considérés comme un désert sans propriétaire et qu’ils appartiennent au premier qui les réclame », disposant seulement que, si plusieurs Juifs s’en emparent par ruse, ils sont obligés d’en partager équitablement le fruit ; ils exhortent à prêter de l’argent sans jamais en emprunter ; ils délient d’une promesse et ainsi de suite. La controverse antisémite a rassemblé toute une série de maximes de ce genre, avec l’indication précise de leur origine et de leur caractère « orthodoxe ». D’ailleurs, s’il est dit dans le Talmud qu’« un goy qui étudie le Talmud et un Juif qui l’y aide doivent être mis à mort » ; s’il y est spécifié que « communiquer quoi que ce soit de notre Loi à un goy revient à tuer tous les Juifs, car, si les goyim savaient ce que nous enseignons sur eux, ils nous auraient tous tués ouvertement ! », c’est bien la preuve que les Juifs avaient pleinement conscience de la double morale contenue dans leurs textes orthodoxes.

Mais, ici, on objecte d’habitude qu’il s’agit là de textes anciens qui sont pratiquement tombés en désuétude. C’est une erreur. Comme nous l’avons dit, ces idées et ces préceptes ont eu pendant des siècles une influence formatrice profonde sur la substance juive : ils y ont laissé des traces indélébiles. La justification religieuse et messianique originelle de la volonté de domination, de la haine et, enfin, de la double morale talmudique, aura beau avoir disparu, ce qui n’a pas disparu, en revanche, c’est l’ensemble des instincts et des attitudes auxquels ils ont donné naissance sur un plan « sécularisé » et pratique, où ils se manifestent simplement comme une manière d’être spontanée, comme un caractère « racial » héréditaire qui en est arrivé à avoir, pour ainsi dire, une existence propre. C’est pour cela que l’élément religieux n’a absolument rien à voir avec le problème juif tel qu’il a été formulé par le racisme moderne. Selon Dühring, « la question juive existerait toujours, même si tous les Juifs abandonnaient leur religion et rejoignaient nos Églises dominantes ». C’est bien là le point de vue de l’antisémitisme moderne, qui, du reste, correspond à celui de la majorité des Juifs, mais s’oppose à celui du vieil antisémitisme catholique. « Un Japonais ou un Nègre converti ou baptisé reste un Japonais ou un Nègre. Ainsi, un Juif baptisé reste juif (…) Convertis de bonne foi ou non, les Juifs baptisés continuent à être juifs, à se sentir juifs et à être considérés comme juifs par leur anciens coreligionnaires » (De Vries de Heekelingen).

Dans un texte talmudique, il est dit : « Partout où les Juifs s’établissent, il faut qu’ils dominent ; et aussi longtemps qu’ils n’ont pas obtenu le pouvoir absolu, il faut qu’ils se considèrent comme des exilés et des prisonniers. S’ils arrivent au pouvoir, aussi longtemps qu’ils ne dominent pas complètement, ils ne doivent pas cesser de crier : « Quel supplice ! Quelle honte! » » Là encore, il s’agit d’un thème de la Loi, qui est également issu de l’ancienne Promesse et qui, lorsque sa justification religieuse originelle se fut atténuée, devait laisser comme trace un instinct révolutionnaire agissant par lui-même, sans plus aucun point de repère, comme ferment d’agitation et de subversion continuelles. C’est ainsi que les Juifs sont largement représentés dans tous les mouvements subversifs et révolutionnaires modernes, sans exception, particulièrement dans le communisme et dans le socialisme, dont les principaux représentants sont tous juifs : Karl Marx, Lassalle, Rosa Luxemburg, Kautsky, Trotski, etc. Quant à la structure de l’État à détruire, peu leur importe : « Dans une monarchie, les Juifs seront républicains ; dans une république conservatrice, ils seront socialistes ; dans une république socialiste, ils seront communistes. Tout cela revient au même, pourvu qu’ils détruisent l’ordre existant. Ils seront antisociaux aussi longtemps que la société conservera la moindre assise non juive. » Là encore, c’est un instinct, quelque chose qui a l’automatisme d’une hérédité et dont l’origine lointaine et inconsciente est l’idée que tout système qui n’est pas encore celui de la domination promise au « peuple élu » est injuste, illégitime et usurpatoire.

Dans le judaïsme moderne, la colonne des révolutionnaires agit de concert avec la colonne, en apparence opposée, du grand capitalisme et de la finance internationale. C’est une autre conséquence des thèmes traditionnels juifs. Il faut se rappeler que le « Royaume » censé avoir été promis au peuple juif ne fut nullement conçu dans un sens mystique et supraterrestre, mais comme celui qui doit posséder toutes les richesses de la terre. « Ton Dieu veux que tu sois riche » et « tu prêteras à beaucoup de nations ; et tu n’emprunteras point » sont des maximes bibliques : si l’on ajoute à cela la tendance des peuples sémites et, surtout, de ceux du désert à concevoir la richesse essentiellement comme mobile – mobile comme leur existence même -, c’est-à-dire comme or, on se rendra compte peu à peu des tendances qui, en se matérialisant et en se « sécularisant » toujours plus, ont donné naissance à des formes de capitalisme typiquement juives et ont mené à l’omnipotence d’une économie inhumaine et d’une finance apatride : dans ces formes modernes, c’est l’ancienne volonté de domination juive qui s’exprime, soit directement, soit par la destruction et la dégradation des valeurs qu’entraîne cette puissance absolue. Selon Halfeld, il y aurait également quelque chose de typiquement juif dans la déification de l’argent et de la richesse, dans la transformation du temple en banque, dans la glorification puritaine du succès et du profit, chez le pasteur-entrepreneur, chez l’homme d’affaires et l’usurier qui n’ont que le mot de Dieu à la bouche, dans l’idéologie humanitaire et pacifiste au service de la praxis matérialiste et ainsi de suite – de sorte qu’il convient de rappeler que, selon Sombart, l’Amérique est un pays juif dans toutes ses parties et l’américanisme n’est que « de l’esprit juif distillé » ; que, selon Günther, les représentants et les propagateurs du soi-disant esprit moderne sont pour la plupart des Juifs ; et, enfin, que, selon Wolf, les liens étroits entre les Anglo-saxons et les francs-maçons sous le signe du judaïsme seraient la clé de voûte de l’histoire occidentale récente. Du reste, Karl Marx lui-même a écrit : « Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l’intérêt personnel. Quel est le culte profane du juif ? Le trafic. Quel est son dieu ? L’argent. Le juif s’est émancipé à la manière juive non seulement en se rendant maître de la puissance financière, mais aussi du fait que, grâce à lui et sans lui, l’argent est devenu une puissance mondiale et l’esprit pratique des Juifs l’esprit pratique des peuples chrétiens. Les Juifs se sont émancipés dans la mesure où les chrétiens sont devenus juifs. Le dieu des Juifs s’est sécularisé et est devenu le dieu mondial. Le change, voilà le vrai dieu du Juif. »

Dans les agissements du judaïsme contemporain, la puissance de l’intelligence comme force révolutionnaire fait pendant à celle de l’or. Ici, nous voulons faire allusion à un ferment de subversion qui ne se limite plus au terrain social, mais qui agit spécifiquement sur le plan spirituel et culturel sous les formes les plus différentes. Il prend sa source dans le penchant de « l’homme de la rédemption » pour les plaisirs des sens. Il est incontestable que, sur le terrain de la culture, de la littérature, des arts et même de la science, les « contributions » juives, directement ou indirectement, tendent toujours au même effet : falsifier, ridiculiser, rendre illusoire et injuste ce qui avait valeur d’idéal pour les peuples aryens, en mettant tendancieusement au premier plan ce qui se cache ou se manifeste de sensuel, de bas, de sale et d’animal, dans la nature humaine. Salir tout ce qui est sacré, faire vaciller tout appui et toute certitude, instiller un sentiment de désarroi spirituel qui favorise l’abandon aux forces les plus basses, c’est en cela que consiste l’influence juive, influence qui est d’ailleurs essentiellement instinctive, naturelle et procède de l’essence, de la « race intérieure », de la même façon qu’il est dans la nature du feu de brûler et dans celle de l’acide de corroder. Le relativisme du Juif Einstein, qui a fait croire au profane que la science elle-même confirmerait qu’il ne peut pas y avoir de point de référence solide, alors que, d’autre part, il a donné le coup de grâce à un type concret de connaissance physique et l’a remplacé par un système purement « formel » de données mathématiques et algébriques ; Bergson, dont la théorie exalte la vie dans son immédiateté, dans son irréductibilité aux certitudes intellectuelles, dans son devenir incoercible et dans son opposition à tout ce que fut le monde classique de l’« être » ; Freud, Adler et les autres psychanalystes juifs, qui ont découvert l’univers trouble de l’inconscient et ont voulu démontrer l’omnipotence de cet inconscient – siège des instincts sauvages ancestraux, de la libido primordiale et des fameux « complexes » – sur toutes les facultés ou inclinations de la conscience de veille ; l’école sociologique juive, qui en est arrivée à interpréter les religions et les mythologies, non plus selon un élément transcendant, mais simplement comme des créations « sociales » et, donc, purement humaines ; le Juif Lombroso qui, non content d’établir des rapports aberrants entre le génie et l’anormalité, est allé jusqu’à voir dans le délinquant le survivant encore pur d’une « race » qui serait précisément celle dont nous serions issus ; Max Nordau, celui qui a voulu démasquer « les mensonges conventionnels de notre civilisation », comme tout un groupe de romanciers juifs, en commençant par Wassermann, s’est attaché à découvrir les injustices et les faiblesses des idées fondamentales de la vie moderne ; le matérialisme historique de Karl Marx, qui nous présente le processus économique brut comme la seule force créatrice de l’histoire et assimile le reste à une simple superstructure (de là ce jugement de Franck : « La doctrine marxiste ne correspond pas à la réalité, mais à l’esprit et au besoin du judaïsme, qui n’envisage que des problèmes matériels et financiers et se moque de tout idéal et de toute forme spirituelle. C’est une force de nivellement hostile à toutes les valeurs de la race et du sang ») ; l’influence des prétendus spécialistes de la question sexuelle, pour la plupart juifs, en commençant par le célèbre Magnus Hirschfeld, qui veulent faire de l’éros une véritable obsession et, par des publications pseudo-scientifiques et des ouvrages de vulgarisation, attirer l’attention sur toutes les formes de sexualité les plus anormales et dégénérées ; la « découverte » de la mentalité des « primitifs » par les Juifs Lévy-Bruhl et Durckheim, qui fait pendant à l’influence de toute une bande de Juifs dans le domaine de l’art moderne, où, là encore, l’informe, le primitif, tout ce qui est lié à la pure sensation, prennent le dessus – et ainsi de suite ; ce sont là quelques exemples précis parmi tant d’autres d’une influence aux mille visages, mais qui a le même effet : dégrader, subvertir, désagréger. C’est la Schadenfreude : le plaisir d’avilir, de corrompre, de salir, de flatter les sens et de libérer la partie « souterraine » de l’âme humaine, pour qu’elle se déchaîne et s’assouvisse – c’est la Schadenfreude caractéristique de l’âme judéo-levantine, l’âme de « l’homme de la rédemption ».

Les antisémites extrémistes ont tendance à considérer que cette convergence d’effets n’est pas fortuite. Cependant, la plupart d’entre eux ont la sagesse de penser qu’il ne s’agit pas là d’une intention précise ni d’un plan, mais bien plutôt d’un instinct, d’une manière d’être qui se manifeste naturellement et spontanément. La convergence s’opère par « syntonie », par affinité d’instincts et d’idées. Pour ces Juifs, donc, on pourrait même ne pas parler de véritable responsabilité : le Juif ne peut pas faire autrement, comme un acide ne peut rien faire d’autre que de corroder. C’est sa manière d’être, déterminée par les facteurs ancestraux et raciaux dont nous avons déjà parlé. C’est pourquoi il s’agit moins de le haïr que de prendre des mesures techniques pour en limiter et en neutraliser l’influence, afin de le mettre hors d’état de nuire.

De plus, l’antisémitisme considère que l’ancienne solidarité juive cimentée par la double morale persiste dans des formes modernes, à tel point que, selon Fritsch, la communauté juive a moins les traits d’une communauté religieuse que ceux d’une conspiration sociale: les États aryens, qui, ne se rendant pas compte de cette double morale, ne s’en défendent pas et accordent inconsidérément aux Juifs des droits égaux, comme si ceux-ci obéissaient à leur morale, se mettent pratiquement dans une situation d’infériorité et, souvent sans s’en apercevoir, tombent entre les mains du peuple hôte, de la race étrangère, internationale et antinationale. Conscients de cela, il nous faut réagir, de deux manières : moralement et politiquement.

Il ne peut y avoir aucune relation – dit-on – entre les « Aryens » et une race « qui n’a aucun sentiment d’honneur et de loyauté » et agit principalement par ces deux forces : la tromperie et l’argent. Le concept social « aryen » serait le suivant : « l’homme sincère et responsable met son orgueil à mériter le droit de vivre par un comportement loyal et une activité productive honnête. » Il préfère mourir plutôt que d’obtenir des avantages par des actions déshonorantes. L’idée rigoureuse de l’honneur et de la justice inconditionnelle à l’égard des autres hommes forme la base de toute vie héroïque et prend sa source dans un élément profond de l’âme : le sentiment de honte. Un peuple qui renonce au sentiment d’honneur et de honte est indigne du nom d’homme : c’est une sous-humanité » (Fritsch). Il est donc absurde – conclut-on – d’exiger les mêmes lois pour les Juifs et les « Aryens ». Des mesures prophylactiques de défense s’imposent. Affranchir les Juifs, dans ces conditions, ce serait leur permettre de nous duper. Et c’est pour cela que les Juifs ont de bonnes raisons de se faire les fervents défenseurs de l’idéologie libérale, individualiste et démocratique.

Par conséquent, il faut passer à l’action politique proprement dite, c’est-à-dire prendre les mesures que plusieurs États, adhérant aux thèses du racisme anti-judaïque, ont adoptées pour écarter les éléments juifs des positions-clés dans la vie politique, économique et intellectuelle, auxquelles ils avaient récemment accédé en masse dans une offensive de grande envergure. La polémique antisémite a montré que, dans le commerce, dans les affaires, dans les positions-clés ou, en tout cas, dans les professions libérales, l’élément juif était effectivement prédominant, tandis qu’il décroissait dans les emplois subalternes, chez les ouvriers et les agriculteurs, où le pourcentage de Juifs devenait presque négligeable par rapport au nombre de non Juifs. L’antisémitisme y a vu un phénomène de parasitisme lié à l’instinct héréditaire juif qui s’exprime dans ces anciens préceptes de la Loi : « Tu suceras le lait des nations, tu suceras les richesses des rois » ; « Tu dévoreras tous les peuples que l’Éternel, ton Dieu, va te livrer. » Le Juif ne produit pas, il trafique et spécule sur ce que font les autres, s’enrichit à leurs dépens et domine. Le Juif prend directement pour point de mire les métiers intellectuels et les postes de responsabilité et, alors que, à ces postes, il peut se livrer à des activités souvent suspectes et corruptrices, il laisse aux autres, aux « Aryens », les formes inférieures de travail.

De là, donc, les mesures politiques visant à interdire aux Juifs les emplois publics et à en limiter la représentation dans toutes les professions. Le Manuel de la Question Juive publié par Fritsch se termine par ces phrases significatives : « Le Juif est dangereux, non seulement économiquement, mais aussi spirituellement et moralement. Le Juif est lié par la loi rabbinique à un État particulier, qui comprend tous les Juifs du monde. Il lui est donc impossible d’être sincèrement membre d’un autre État. Dans l’avenir, tout peuple qui tient à sa liberté et à son honneur et veut se défendre contre l’affaiblissement de son droit et contre la dégénérescence morale ne pourra plus tolérer de Juifs chez lui. Alors où doivent-ils aller ? C’est leur affaire. Sûrement pas là où les paysans et les artisans seraient contraints par eux à abandonner leurs biens et leurs maisons. Au demeurant, ils possèdent assez d’argent pour acheter toute une partie du monde – que ce soit en Australie ou en Afrique. Là, ils pourront vivre en paix selon leurs coutumes et montrer au monde que, par leur seule force, ils peuvent créer une civilisation. Quant à nous, il nous faut abroger les lois sur l’émancipation des Juifs. » Et de Vries de Heekelingen ajoute : « Nous ne reprochons point aux Juifs d’œuvrer à la grandeur de leur race. Nous admirons même la ténacité avec laquelle ils poursuivent la réalisation de leur but. Mais ce que nous ne comprenons pas, c’est l’aveuglement des non Juifs qui ne montrent pas le même enthousiasme et la même ténacité, lorsqu’il s’agit pour eux de défendre leurs intérêts les plus sacrés. » Les remarques que nous venons de faire ont mis en lumière l’aspect essentiellement « racial » ainsi que l’aspect politique et social du problème juif : « racial » par rapport, non pas à une race pure, mais bien à des instincts qui sont devenus, pour ainsi dire, une hérédité organique susceptible de se manifester dans des formes différentes, mais qui ne peut jamais disparaître entièrement.

Nous devons maintenant dire quelques mots d’un livre qui a suscité toutes sortes de discussions et a eu un rôle fondamental dans la controverse anti-judaïque : les fameux Protocoles des Sages de Sion. Comme nous avons déjà parlé de ce livre dans l’introduction de sa dernière édition italienne, publiée par La Vita Italiana, nous nous bornerons ici à en donner un aperçu général, car on ne peut pas parler de la question juive sans expliquer ce dont il s’agit là.

Les Protocoles, dans leur forme actuelle, furent publiés en 1904 en Russie par un certain Sergueï Nilus qui les présenta comme un document volé à une mystérieuse organisation judéo-maçonnique. En réalité, il a été établi que des parties du texte avaient été précédemment divulguées et publiées ; Bismarck lui-même en aurait eu connaissance. Les idées centrales des Protocoles sont les suivantes :

a) Les divers évènements et les diverses idéologies qui ont conduit au déclin l’Europe traditionnelle, aryenne et chrétienne ne sont pas fortuits, mais obéissent à un plan précis de destruction.

b) Ce plan de destruction est l’œuvre d’une organisation occulte, qui l’a élaboré dans les moindres détails et a étudié en même temps, en vertu de la connaissance des lois précises liant les causes aux effets, les moyens de sa réalisation progressive.

c) Cette organisation agit principalement par personnes interposées, qui ne se rendent souvent même pas compte qu’elles en sont les instruments. Son action se développe sur trois plans.

D’abord, sur le plan idéologique : elle propage des idéologies auxquelles elle ne croit nullement et que les « Sages de Sion » considèrent comme des absurdités, mais dont ils se servent machiavéliquement pour répandre la subversion, pour désorganiser les sociétés et les États : libéralisme, rationalisme, internationalisme, démocratie, etc. Ensuite, elle fait le nécessaire pour prendre le contrôle des principaux centres de fabrication de « l’opinion publique », c’est-à-dire la grande presse internationale. Enfin, elle cherche à contrôler la plus grande partie de l’or mondial, autrement dit la finance internationale.

En agissant par ces trois puissants instruments, elle vise à répandre partout le ferment de la subversion, à déraciner les hommes spirituellement et socialement, à faire d’eux un ramassis de matérialistes sans âme, ni patrie, ni tradition, sans force intérieure ni personnalité. Grâce à de véritables révolutions (qui auront comme point de départ la Russie – n’oublions pas que les Protocoles étaient en circulation depuis au moins 1904) et à des guerres savamment provoquées, l’Occidental se trouvera dans une situation tellement critique qu’il finira par devenir un jouet entre les mains de dirigeants invisibles. C’est alors qu’ils apparaîtront et prendront le pouvoir dans le monde entier. À leur tête, il y aura un roi de race juive.

Puisque c’est là le contenu des Protocoles, ce que chacun se demande immédiatement, c’est s’ils sont « vrais », « authentiques ». Cette question n’a aucun sens, car, comme l’a fait remarquer avec raison René Guénon, « aucune organisation réellement et sérieusement secrète, quelle que soit sa nature, ne laisse derrière elle des documents écrits ». Ce dont il y donc lieu de parler, ce n’est pas d’« authenticité », mais de « véracité ». Le document en question doit être tenu pour « vrai » selon le critérium des « vérités » des sciences positives modernes, c’est-à-dire des hypothèses de travail qui servent à diriger un processus inductif susceptible de les vérifier, un ensemble de faits qui, en vertu de ces hypothèses, s’avèrent être étroitement liés et obéir à la même loi.

Or, à ce point de vue, on peut dire assurément que, même si les Protocoles n’étaient pas vrais, c’est comme s’ils l‘étaient, pour ces deux raisons :

1. Parce que les faits qui se sont produits après leur publication en garantissent l’authenticité. Hugo Wast écrit : « Il se peut que les Protocoles soient faux, mais ils se réalisent à merveille » ; Henry Ford : « Tout ce que je puis dire sur les Protocoles est qu’ils correspondent exactement à ce qui se passe actuellement. Depuis qu’ils ont été écrits, ils ont correspondu exactement à la situation mondiale et, aujourd’hui encore, ils en marquent le rythme. »

2. Parce que les idées fondamentales dont ils s’inspirent sont celles du judaïsme international, de sorte que, même si les Protocoles avaient été inventés, l’auteur aurait simplement écrit ce qu’aurait écrit tout Juif fidèle à sa tradition et à la volonté profonde d’Israël et conscient de ses instincts.

L’édition italienne des Protocoles démontre amplement et de manière convaincante ces deux points. Le problème ainsi posé, la question du « plagiat », qui est à l’origine du procès qui dure depuis des années à Berne, apparaît, au fond, frivole. Il est bien certain que l’on trouve dans les Protocoles des éléments empruntés à des ouvrages préexistants, en particulier des extraits d’une œuvre écrite en 1865 par un franc-maçon révolutionnaire, Joly. Mais, ici, nous ne sommes sûrement pas dans le domaine de la littérature, où une œuvre faite d’emprunts tombe dans le discrédit. Un stratège aussi peut se servir d’idées exposées par d’autres et, même, en conserver la formulation littérale, si elles sont susceptibles de cadrer avec ses plans, sans que cela altère en rien la signification de ceux-ci.

Il est beaucoup plus important et concluant de constater que les Protocoles ont été précédés par toute une série de textes qui remontent à des époques lointaines et dans lesquels on retrouve, sous des formes plus ou moins « romancées » ou mythologiques, le pressentiment obscur de cette double vérité :

a) qu’aucun des principaux événements de l’histoire n’est fortuit, mais qu’il a sa logique ou obéit à une certaine intention ;

b) que le monde a un centre occulte ;

La caractéristique des Protocoles réside dans la manière particulière dont ils expriment ces deux thèmes généraux : les événements de la subversion moderne obéissent à une certaine intention et ont une direction – et, par conséquent, le centre occulte du monde a un caractère ténébreux, il renferme des forces maléfiques dont le but est la destruction de l’Europe traditionnelle. Cette formulation particulière résulte d’une sorte d’inversion ou de contrefaçon d’une tradition préexistante, qui, en elle-même, n’est ni juive ni maçonnique ; le lecteur pourra s’en convaincre en parcourant la dernière partie de notre livre Le Mystère du Graal.

Quoiqu’il en soit, on peut se demander si ce sont vraiment les Juifs qui sont à l’origine de ce plan destructeur qui a été annoncé par les Protocoles et a été démontré, souvent avec une exactitude impressionnante, par les événements qui ont eu lieu depuis sa publication. Les Protocoles se réfèrent, tantôt aux Juifs, tantôt aux francs-maçons, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Pour notre part, nous pensons qu’il est plus prudent de parler simplement de dirigeants occultes de la subversion mondiale. Il est indiscutable que de nombreux éléments juifs ont déjà été utilisés par ces Chefs masqués, car, à cause de leurs instincts et de la déformation de leurs idées traditionnelles, les Juifs leur sont apparus comme les instruments les plus adaptés et les plus qualifiés pour cela. Mais il n’est pas prudent de généraliser au-delà d’une certaine limite.

De plus, il faut se rendre compte que le fait de faire des Juifs les causes uniques et suffisantes de toute la subversion mondiale – comme le voudraient certains extrémistes – constituerait un aveu humiliant d’infériorité. Les Juifs auraient-ils donc été plus forts qu’une humanité aryenne censée jouir de toutes ses capacités intellectuelles, morales et physiques ? C’est absurde. L’influence juive n’a pu s’exercer que parce que des processus de dégénérescence et de désagrégation étaient déjà apparus dans l’humanité non juive : l’élément juif s’est greffé sur ces processus et, avec l’esprit, les instincts et les méthodes qui lui sont propres, les a accélérés et exacerbés, les conduisant là où ils ne seraient peut-être pas arrivés aussi rapidement par eux-mêmes.

Mais, fidèle à notre intention de nous en tenir essentiellement à un pur exposé, nous ne pouvons pas définir ici en détail les limites de la validité de la thèse antisémite, car, comme nous l’avons dit, nous en avons déjà parlé ailleurs.

Julius EVOLA

(1) L’erreur a été rectifiée avec la publication d’une seconde édition en 2014.

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